Le récit d’un vendredi au ciné

Mots-clés

, , ,

Sans titre 1

J’écoute en boucle le morceau envoûtant ‘Khamsa’ du divin Dhafer Youssef en compagnie du délicieux Tigran Hamasyan et reprends enfin ma bonne vieille habitude d’écriture.

Retour à la vie normale. Loin des plaisirs trompeurs des maudites vingtaines refait surface le moi solitaire et insensible. Ce moi a décidé en ce vendredi 01 mai au temps joliment déprimant et maussade de passer la journée au cinéma et d’enfoncer le clou à la recherche de cette tendre mélancolie tant voulue et réclamée.

Le choix des films n’a pas été anodin. Ils ont tous un trait dramatique plus au moins accablant. Le premier de la liste, ‘Still Life’, m’a littéralement bouleversé. J’ai regardé ‘Cake’ par la suite et l’ai trouvé prosaïque pour ne pas dire creux. En toute franchise, finir ma journée ciné par ‘Taxi Téhéran’ n’a pas été une mauvaise idée, mais il faut dire que le basculement continuel et incompréhensiblement déséquilibrant entre la fiction et le réel m’a paru insignifiant.

Nos âmes ne reposent pas en paix

C’est l’histoire de John May, un fonctionnaire à l’air reclus s’occupant de trouver les proches de celles et ceux qui quittent ce monde. Malgré son dévouement à cette mission, il est toujours seul aux funérailles à formuler minutieusement les louanges aux défunts. Sa vie a pris un tournant surprenant à l’heure de la disparition de son propre voisin, Billy Stoke.

J’étais frappé par l’intérêt remarquable que portait John May à son travail, certes affligeant, mais surtout passionnant. Il classait soigneusement les dossiers de ses amis disparus et explorait toutes les pistes pour trouver leurs proches. Par pur souci de préservation de la mémoire des défunts, John gardait quelques photos de ces derniers et les colle dans un album réunissant des compagnons qu’il n’a connus qu’après leur disparition.

Un jour, le dossier de Billy Stoke atterrit sur le bureau de John May et représentait sa dernière affaire. Il est donc décidé à trouver tous les proches du défunt et à les convaincre d’assister à ses funérailles. Il a mené son enquête en vue de trouver les connaissances de Billy et est allé à leur rencontre par la suite. Après des journées entières de recherches et de rencontres, il s’est mis à préparer passionnément les funérailles. Un jour avant leur tenue, John May est mort heurté violemment par un bus. Il a suffit d’un laps de temps insignifiant pour voir ce modeste fonctionnaire disparaître à jamais. À cet instant, un autre élément insignifiant m’est venu à l’esprit qu’est le meurtre de l’Arabe commis par Meursault que ce dernier justifie par la brûlure du soleil et le giclement des rayons lumineux sur l’acier du couteau. Décidément, la vie est absurde. Nous avons perdu John May. Il est mort et personne ne s’en est soucié.

Quel regard peut-on porter sur la vie après cette scène si douloureuse où observe-t-on le cercueil de notre cher John en cours d’inhumation devant le recueillement des proches de Billy Stoke autour de la tombe de leur amis ? La vie vaut-elle la peine d’être vécue ? Sommes-nous des créatures égoïstes ? ‘Still Life’ confirme-t-il l’absurdité de la vie qu’Albert Camus a tant défendue ? John May a-t-il existé un jour ? A-t-il trouvé la paix en mourant ? Ces questions me torturent depuis hier. Dieu merci ! L’objectif est atteint.

Chronique d’une emmerdeuse solitaire

Elle s’appelle Claire et je la déteste.

Tout a commencé par une réunion d’un groupe de soutien autour du suicide de Nina, une amie commune aux membres du collectif. Claire s’est livrée à une horrible agressivité envers la défunte. Son attitude insolente lui a coûté l’exclusion du groupe. Je me pose toujours cette question : Comment Silvana, la femme de ménage de Claire, arrivait-elle à supporter sa patronne ? Cette dernière sombrait dans une addiction folle à l’alcool et aux tranquillisants. Elle s’est même mise à se rapprocher du mari de Nina et de leur fils en vue d’une compagnie et d’un réconfort trompeurs.

Le seul élément qui m’a tant captivé dans ce film est la perception à laquelle chaque personnage opte au sujet du suicide. Claire n’hésitait pas un instant à honnir agressivement Nina et à critiquer son acte. Roy, le mari de la défunte, a souhaité que cette dernière soit brûlée en enfer tandis que d’autres personnages ont respecté sa volonté de se suicider et l’ont perçue comme une action courageuse. Nina, de sa part, s’est contentée de laisser un papier où ‘Pardonne-moi’ est inscrit. Pas très originale comme dernière expression d’un être humain avant une disparition voulue et planifiée.

Que dire de Cake ? C’est un film qui manque d’un fil conducteur nous aidant à comprendre le déroulement des événements. Il est nul à mes yeux.

Téhéran ! Oh Téhéran !

Nous voulons tous découvrir ce pays passionnant qu’est l’Iran. Entre la propagande médiatique fort probablement injuste envers cette terre et l’histoire glorieuse de l’état persan, nous nous perdons. Le voilà donc Jafar Panahi pour nous dresser enfin un portrait réel et (vrai ?) de Téhéran précisément et de la société iranienne globalement.

Quand ‘Le Monde’ considère ce film documentaire comme ‘un chef-d’oeuvre cocasse et drôle’, je m’étonne et me dis qu’il s’agit peut-être d’une autre production cinématographique. Le mélange entre des éléments fictifs et des réalités sociales m’a profondément perturbé. Je me suis perdu en essayant de décortiquer le quotidien des citoyens de Téhéran. En sillonnant les rues de la capitale iranienne au volant de son faux-taxi, Jafar Panahi menait des échanges, certes révélateurs, mais manquant de profondeur avec des passagers que l’on peine à considérer comme des citoyens normaux et non des acteurs.

Le réalisateur de Taxi Téhéran a manqué de neutralité dans le traitement de la réalité sociale en Iran. Il n’a fait qu’appuyer la thèse consistant à percevoir ce pays comme une terre rétrogradée et complètement arriérée. J’aurais bien aimé voir un personnage défendant l’ordre religieux monter à bord du taxi et échanger ouvertement avec Jafar Panahi. Ça n’a pas été le cas. Cela a-t-il été voulu par ce dernier ? Fort possiblement !

La spontanéité et le culot de la petite nièce du réalisateur m’ont agréablement surpris. Ajoutant à cela l’image radieuse qu’a transmise la dame aux fleurs, jeune avocate et militante pour les droits de l’homme en dépit des politiques étatiques qui les répriment. Taxi Téhéran, ce documentaire-fiction ne dit pas tout sur la société iranienne. Il se contente de nous révéler une sorte d’attachement aux pratiques traditionalistes, de paternalisme régnant dans le tissu social et d’un mélange assez bizarroïde entre la peur de la loi en vigueur et le désir de la contourner à l’image du vendeur des films piratés.

Pour tout vous dire, un voyage à Téhéran m’aiderait mieux à découvrir l’Iran puisque le travail de Jafar Panahi m’a littéralement déboussolé. Allez le voir, appréciez-le, mais pas au point de le considérer comme ‘du cinéma, du grand, du beau, du fort’. ‘Paris Match’ l’a fait.

Ce fut ma journée au ciné, assez intéressante et joliment mélancolique.

Si le Déjazet était un homme

Mots-clés

, ,

déjazet

Il m’aurait compris sans que je lui dise quoi que ce soit.

Il m’aurait servi le Bordeaux le plus gouleyant en essayant inlassablement de soulager mes souffrances.

Il aurait essuyé mes larmes en me protégeant du monde extérieur qui m’a tant blessé.

Je vois en toi, cher Déjazet, un homme si tendre et bienveillant. Tu es sans le moindre doute le seul à me comprendre. Tu m’as toujours ouvert grand les portes pour que j’affranchisse ta bonté et ton amabilité.

Je suis navré de n’avoir pensé à toi que durant mes moments de détresse. Sache que tu es plus qu’un bar au bout de la place de la République.

Tu me couvres d’une paix que je ne puisse trouver nulle part ailleurs. Que ferais-je sans toi ?

Décidément, tu incarnes cette âme sœur délicieusement mélancolique. Merci à toi d’avoir existé dans mon monde ! Je t’aime.

Sans titre

Mots-clés

, , ,

Birdman_1600

Je n’ai jamais été aussi bouleversé par un film. Birdman incarne ce sentiment mitigé entre fierté et désespoir que véhicule, à mes yeux, le cinéma américain. Alejandro González Iñárritu a su nous délivrer une critique à la fois sévère et implicite des productions cinématographique et théâtrale considérées par certains comme étant extravagantes et déconnectées de la réalité sociale.

Le réalisateur a essayé tout au long de son film de dresser un profil type de l’acteur de Broadway, naturellement égoïste et narcissique, qui ne se préoccupe que par son image et son éventuelle apparition à la Une de l’édition du lendemain du New York Post.

Les individus sont fascinés par le mythe de la célébrité et s’enferment dans cette bulle englobant toutes sortes de consommation. Notre héros souffre-t-il d’un stéréotype péjoratif orientant négativement notre positionnement à l’égard de Birdman ? Comment se fait-il que 140 caractères puissent sacrément booster la carrière d’un acteur minable et désespéré ? Que dire sur la prise de position très réservée de ce dernier vis-à-vis des réseaux sociaux ? D’où vient cette voix rauque qui nous torture chaque fin de soirée en nous rappelant sans cesse les traits les plus sombres de nos caractères ?

Ce sont des questions sans réponses tout comme celles au sujet de l’éventuelle existence d’une entité divine quelque part dans cet univers fou et mystérieux abritant un tas de créatures dépravées et irresponsables.

Notre héros a visiblement raté sa vie. Père négligeant et mari incorrigible, il a fini par divorcer. Il croyait que le chemin de la réconciliation est si facile à emprunter. Ce n’est pas à travers une pièce de théâtre destinée aux nantis de Manhattan autour des représentations sociales de «l’amour ?» que nous allons se faire pardonner notre indifférence qui a duré des décennies.

Comment pourrais-je fuir l’influence de cette dame qui buvait insensiblement son verre de gin au bar en écrivant malicieusement une critique pour le moins grandiose et ferme sur une pièce de théâtre dont elle ne connait absolument rien ? La dite critique de cinéma et de théâtre s’est basée sur les comportements sociaux du fameux héros déchu pour démolir sans pitié sa représentation théâtrale. Pourquoi s’est-elle permise de commettre une telle cruauté ? Quelles sont ses motivations ? Haine ou pure jalousie ? Colère ou malsaine conquête du buzz ?

Après avoir siroté péniblement mon cocktail ‘Gorbatchev’ (ne pas céder à la tentation communiste serait une grave erreur), les idées se sont progressivement éclaircies dans ma petite cervelle. C’est ainsi que je suis arrivé à ma conclusion, certes, hâtive, mais bien fondée à mes yeux, qu’est la suivante : Les États-Unis d’Amérique est une maudite terre où la dépravation et l’indécence tuent la bienfaisance. Je n’ai aucunement besoin de me justifier.

L’attractivité de Birdman réside dans l’incompréhension continuelle qu’il génère. Il est comme un somptueux mélange du réel vécu quotidiennement et du fictif que l’on essaye inlassablement de dissimuler puisqu’il présente le côté monstrueux et cruel de nos agissements.

En écrivant ces lignes, j’ai eu l’impression de fouiller dans la pensée de l’absurde initiée par l’immortel Albert Camus. Tout ce que je vous racontais est juste absurde. L’univers et la vie englobant les actions mentionnées et décrites sont absurdes. Il serait fort probable que ce billet Sans titre soit loin d’être un récit honnête autour du film Birdman. J’en suis même sûr.

Drôle de mensonge

Mots-clés

,

s9nt1d8wDe nos jours, le mensonge peut s’avérer une nécessité pour faire régner la notion du ‘vivre ensemble’ au sein de la société. Les attitudes mensongères peuvent être considérées comme un remède fiable sur le court terme pour aboutir à des compromis pouvant stabiliser l’environnement de travail dans les entreprises.

Il est primordial d’adopter une perception professionnellement pragmatique, l’entreprise a grandement besoin de se développer dans un climat stable. Mentir à son supérieur ou/et ses collègues en considérant l’intérêt général de la structure est fortement recommandé pour que les conflits internes n’y fassent pas surface. Diaboliser le mensonge au sein de l’entreprise n’a pas lieu d’être puisqu’il représente un élément nécessaire pour sa survie interne. La préoccupation principale du personnel devrait concerner l’établissement continuel du consensus même si sa mise en place nécessiterait un mensonge. Cependant, il y a une condition primordiale pour instaurer correctement ce climat stable au sein de l’entreprise, il s’agit de la cohabitation du mensonge et du secret professionnel. La notion ultra-conformiste, très dominante dans la société, au sujet du mensonge est d’une immense grossièreté. Voltaire n’avait pas tort en écrivant « Le mensonge n’est un vice que quand il fait du mal ; c’est une très-grande vertu quand il fait du bien. »

Le mensonge ne peut engendrer du mal dans l’entreprise que lorsque la condition mentionnée n’est pas sérieusement considérée. Il est grand temps que la prise en conscience progressive de ces éléments soit initiée au sein de l’environnement professionnel tout en s’appuyant sur la nécessité de ne pas divulguer le secret professionnel. L’être humain est parfaitement capable de combiner majestueusement l’aptitude au mensonge et l’habileté à garder précieusement un secret pour l’intérêt suprême de l’entreprise.

L’Homme moderne doit obligatoirement s’inscrire dans un processus d’adaptation continuelle avec l’évolution et les nécessités de la société. Les valeurs morales qui paraissent véridiques à l’heure actuelle peuvent ne pas l’être demain. Rien n’est constant au sein de l’univers où vivons-nous. Les éléments basiques consistant l’intérêt général de la structure peuvent connaître aussi un changement constant. Savoir proposer les bonnes stratégies d’agissement au bon moment est ce qu’il y a de plus judicieux.

En guise de conclusion, il est important de signaler que l’entreprise ne peut être en pleine croissance que lorsque le climat de travail y est sain. Mentir est un art qui doit être magnifiquement initié pour le bonheur de tous.

La conquête de l’Europe centrale

Mots-clés

, , , ,

Cher lectorat,

Suite aux demandes de plusieurs personnes de mon entourage, je poste exceptionnellement ce billet pour vous faire aimer trois majestueuses villes que j’ai visitées durant mon dernier voyage en Europe Centrale. Ce fut un séjour joliment mémorable durant lequel j’ai découvert de nouvelles cultures et des modes de vies différents de celui dont je suis habitué en France. La conquête de Budapest, Vienne et Prague a été passionnante.

Bonne lecture à toutes et à tous !

VOL

Sachez qu’en une dizaine de jours, vous pouvez faire un tour captivant dans trois villes magiques qui valent le détour !

Veuillez cliquer sur les images, qui ont toutes été prises par moi-même, pour les voir dans leur format original.

Budapest, ce bijou méconnu

budapest

Tout a commencé le jeudi 25 décembre 2014 quand l’avion a atterri à l’aéroport Budapest-Ferenc Liszt. Carte de la ville en main, je me suis dirigé vers l’auberge de jeunesse Wombat’s, située en centre-ville, en prenant le bus 200E et la ligne numéro 3 du métro.

budapest13

Après m’avoir bien installé, je suis parti à la découverte de Budapest en me baladant d’abord en centre-ville où le marché de Noël présente un bel aperçu sur la culture et la gastronomie du pays et au niveau des quais du Danube séparant Pest, la partie orientale de la capitale hongroise, de Buda qui représente le lieu de résidence historique de la noblesse. La vie nocturne à Budapest est très animée à l’image du Bar Spíler où vous pourriez trinquer avec vos amis dans une ambiance chaleureuse. Le premier jour a été marqué par des belles rencontres et surtout par l’exploration d’une ville à l’accueil magnifiquement affectueux.

budapest2

La visite de Hősök tere (Place des Héros) a marqué la matinée de mon deuxième jour à Budapest. Située au bout de la magnifique avenue Andrássy, cette place monumentale abrite les statues des principaux souverains de l’histoire hongroise. Une petite faim s’est imposée, il était grand temps d’aller déguster le traditionnel Goulash au marché de Noël. Ce plat si succulent m’a rappelé, à ma grande surprise, la cuisine marocaine. Je sentais qu’il y a une multitude d’éléments communs entre les gastronomies hongroise et marocaine.

Comme je voulais prendre connaissance de l’histoire politique de Budapest, j’ai participé au Free Communism Walk (Tour dans la ville dédié au communisme). Il s’agit d’un tour dans les lieux liés à l’histoire du communisme avec des explications amplement riches autour de cet héritage idéologique. J’ai découvert les aspects de la vie quotidienne de la population hongroise durant le règne stalinien, l’implication cruellement conséquente de la police secrète et l’évolution de la situation politico-économique après durant et après l’ère communiste.

lenin

Toujours fidèle au cadre historique de mon voyage, je suis allé le lendemain au grand marché aux puces, nommé Ecseri Bolhapiac, de Budapest. Ce fut une découverte passionnante de la richesse culturelle hongroise ainsi que des objets d’art remontant aux périodes des occupations nazi et communiste tels que des passeports de l’Allemagne nazie et des uniformes appartenant au parti des croix fléchées. Je vous recommande vivement cet immense marché où j’ai acheté une magnifique statue de Lénine et vous conseille surtout d’y faire surgir vos aptitudes en négociation. Suite à cette belle matinée, j’ai dégusté, à l’invitation d’une nouvelle connaissance de nationalité iranienne, le traditionnel beignet Lángos qui est confectionné à partir de farine de blé ou de pommes de terre.

budapest6

La découverte du communisme et du nazisme à Budapest ne peut être complète que par la visite de la somptueuse Maison de la Terreur. J’étais monstrueusement marqué par l’atrocité des régimes nazi (Le Parti des Croix fléchées) et communiste. Leur propagande était talentueusement mise en place. Un sentiment paradoxal m’envahit. À la fois une terreur des cruautés causées par les dictatures qu’a connues la Hongrie et une fascination pour le génie des dirigeants nazis et communistes. Pour finir une journée amplement riche et instructive en beauté, il n’y a rien de mieux que d’aller prendre un bain aux thermes Rudas qui ont été construits en 1550, durant l’occupation ottomane de la Hongrie.

budapest12

Pour les passionnés d’histoire, je vous invite vivement à aller aux bords du Danube où se trouve le Shoes on the Danube Memorial en mémoire des Juifs hongrois abattus et jetés dans la rivière par les membres du Parti des Croix fléchées en 1944.

budapest (2)

Mon dernier jour à Budapest était marqué par une bonne balade sur les quais du Danube, un tour en bateau sur ce fleuve et une marche en plein froid glacial vers la fameuse statue de la Liberté au sommet du mont Gellért. Datant de 1947, la statue a été érigée en souvenir de la « Libération » de Budapest par les troupes soviétiques.

budapest3

budapest1

Budapest m’a sacrément fasciné par ses rues spacieuses et les belles façades colorées de ses bâtiments. Se perdre au sein de la capitale hongroise n’a pas de prix. Je m’y suis senti comme un oiseau libéré de sa cage qui s’évade sans la moindre restriction.

budapest4

Prévoyez un budget moyen pour la perle du Danube. 35€ par jour devrait vous permettre de profiter au maximum de la capitale hongroise. Je ne me sentais pas étranger à Budapest. Cette jolie impression de se balader dans un quartier populaire marocain demeurera éternellement vivace au fin fond de mon âme.

La majestueuse Vienne

vienne6

Que dire sur Vienne ? Elle incarne fastueusement la grandeur de l’Empire austro-hongrois ayant marqué le 19ème siècle. La capitale autrichienne était couverte de neige quand j’y ai mis les pieds le lundi 29 décembre 2014 en début d’après-midi.

L’auberge de jeunesse Ruthensteiner où j’étais logé m’a marqué tout au long de mon séjour par son ambiance cosy et son personnel très accueillant. Durant le soir de mon premier jour à l’impériale Vienne, je me suis initié à la gastronomie autrichienne en dégustant au restaurant Mariahilferbräu le Wiener Schnitzel (Escalope à la viennoise) et la Palatschinken (Crêpe viennoise) que j’ai trouvées basiques, mais surtout délicieuses.vienne1

On ne peut rêver d’une matinée meilleure que celle dédiée à la visite du somptueux Château de Schönbrunn qui représentait l’ancienne résidence d’été de la famille impériale à l’époque de Marie-Thérèse. Un grand marché de Noël, où peut-on trouver des spécialités locales et des produits traditionnels, était installé au sein du parc du palais.

vienne

Pour finir la matinée en beauté, je suis allé au Naschmarkt, le marché viennois le plus connu. On y trouve des restaurants, des épiceries, des magasins de souvenirs, des boulangeries traditionnelles… La liste est longue. Il est juste primordial de faire un saut au Naschmarkt qui vous émerveillera sans le moindre doute.

vienne3

Suite à la visite du grand marché de Vienne, il était temps que j’aille contempler la grandeur de la cathédrale Saint-Étienne au style architectural gothique située à la place centrale Stephansplatz. Mon admiration envers la capitale autrichienne s’est accentuée au fil des découvertes.

vienne7

J’ai saisi mon passage à la Stephansplatz pour visiter la fameuse Mozarthaus qui a été la résidence de Mozart de 1784 à 1787. Cet immeuble dans la vieille ville à Vienne est la seule résidence du compositeur qui subsiste à la capitale autrichienne et est maintenant un musée.
La visite a été amplement riche et instructive. Elle m’a permis de découvrir des aspects, auparavant méconnus pour moi, sur Mozart. Ce dernier a vécu dans l’instabilité et la volonté continuelle d’être richissime. Même après sa disparition, cet adepte de l’aristocratie fait couler beaucoup d’encre autour de sa vie mouvementée et sa mort subite.

vienne2

Le dernier jour de l’année 2014 était marqué par la visite de la somptueuse galerie d’art moderne à la KUNST HAUS WIEN du peintre autrichien, mondialement connu par son anti-conformisme et son engagement écologique, Friedensreich Hundertwasser. Sa créativité architecturale et ses créations artistiques sont juste uniques. Ce fut l’un des coups de cœur de mon séjour à Vienne.

vienne12

vienne4

Une exposition de photographie de Lillian BASSMAN et Paul HIMMEL a été mise en place aux derniers étages du musée. Les photographies exposées, leur magnifique disposition et leur orientation artistique vers le corps humain m’ont tant fasciné. Si vous êtes de passage à Vienne avant le 8 mars 2015, sachez que cette exposition est à ne pas manquer.

vienne122

vienne5

Vous aurez certainement envie de déguster le fameux café viennois et l’appétissante pâtisserie autrichienne dans un lieu digne de la grandeur de l’impériale Vienne. Le Café Central répondra à vos exigences. Vous pourriez y aller pour un petit moment de saveur entre deux balades. Il est hors de question de visiter Vienne sans assister à un concert de musique classique à la majestueuse Orangerie du Château de Schönbrunn. Les œuvres de Mozart et Strauss m’ont magnifiquement émerveillé durant deux heures de joie, de danse et de chant envoûtant. Il n’y a rien de mieux qu’un tel spectacle pour fêter le nouvel an.

vienne8Si votre séjour à Vienne est prévu durant les fêtes de fin d’année, vous pourriez aller réveillonner entre amis dans une ambiance festive au centre-ville, là où la musique et la danse ne s’arrêtent pas.

vienne9

Comme au lendemain du 31 décembre nous sommes exténués et épuisés après avoir fait la fête jusqu’au bout de la nuit, nous cédons facilement à la tentation du sommeil pour toute la matinée. Mon exploration de la gastronomie autrichienne s’est poursuivie par la découverte du chaleureux restaurant Ribs of Vienna où peut-on savourer les traditionnelles côtes levées dans une ambiance très conviviale.

vienne10

Vienne représente à mes yeux l’élégance, le raffinement et surtout la préciosité. Mon admiration envers cette ville impériale a atteint son apogée. Prévoyez un grand budget pour votre séjour ! 60€ par jour devrait être un budget quotidien raisonnable pour bien profiter des merveilles de la capitale autrichienne.

La ville que je peine à décrire, Prague

prague

J’ai quitté Vienne le vendredi 02 janvier 2015 pour découvrir la ville aux 100 clochers qui m’a joliment accueilli. À mon arrivée à l’auberge de jeunesse, que je vous recommande vivement, Prague Square Hostel, j’ai senti que cette ville a quelques choses de particulier et qu’elle est loin d’être comparable à Budapest ou à Vienne. Je sentais que la ville natale de Franz Kafka allait me captiver et m’empêchait même de la quitter. Ce dernier disait « Prague ne vous lâche pas. Pas un seul d’entre nous. Prague, la mère des villes et des serres… Il nous faudrait l’enflammer des deux côtés, à Vysehrad et à Hradcany, alors il serait possible de nous en débarrasser. »

prague1

prague3

En effet, Prague est conquérante à l’image de son horloge astronomique médiévale située sur la Staroměstské náměstí (place de la Vieille-Ville). J’étais impressionné de savoir que l’horloge était construite durant le 15ème siècle. Décidément, les marchés de Noël sont parmi mes premières découvertes dans les trois villes que j’ai visitées. Celui de Prague est situé sur la même place que la somptueuse horloge astronomique. On y trouve des matriochkas (poupées russes), des œufs peints et aussi des baguettes en osier tressé. Pensez à y aller si votre séjour à Prague est prévu durant les fêtes du nouvel an.

prague4À côté du marché de Noël se trouve le Kafka bookshop qui vous fera initier à la pensée du pragois Franz Kafka. Les admirateurs de ce fameux écrivain ne seront pas déçus. Votre bonheur est bel et bien à Prague.

prague6

Après la découverte de la vieille ville, j’ai visité le Pont Charles, construit au 14ème siècle, qui relie le vieux Prague au quartier de Malá Strana. Il fait référence au roi Charles IV du Saint-Empire et représente un lieu emblématique et incontournable en République Tchèque. Je m’y suis baladé en contemplant la splendeur du style architectural pragois.

prague2

La découverte d’un pays n’est complète que par une bonne initiation à sa gastronomie. Celle de la République Tchèque est proche de la cuisine hongroise à l’image du traditionnel Pečená Kachna (Canard roti). Globalement les différentes gastronomies de l’Europe Centrale sont proches l’une de l’autre. Vous allez être captivés par leur goût succulent en les savourant.

prague18

Il faut dire que la vie nocturne à Prague est très animée. J’ai deux adresses pour vous faire admirer à la folie la ville aux 100 clochers. Il s’agit du restaurant & club James Dean où vous pourriez chanter et danser toute la nuit et du Hemingway Bar qui est classé vingt-quatrième meilleur bar du monde. Le Hemingway est mondialement connu par son ambiance cosy et son accueil très chaleureux. Il est hors de question de venir à Prague sans déguster un bon cocktail dans cet agréable endroit au pied de la tour gothique à l’entrée du Pont Charles. À la fin du premier jour à Prague, je me devais d’avouer que cette ville m’a fait oublié Vienne et Budapest.

prague7

Prague c’est aussi Franz Kafka. J’ai visité le fameux musée dédié à ce dernier. Ce musée retrace joliment le parcours de l’écrivain pragois et son existence marquée par sa cruelle double vie, une vie partagée entre ses occupations professionnelles et son grand dévouement à la littérature. Vous allez découvrir aussi des manuscrits et des dessins inédits qui vont vous faire aimer Franz Kafka. J’étais fasciné par le monde mélancolique kafkaïen. Ce musée est à ne pas manquer !

prague8

prague9 prague10

Après avoir visité le musée de Kafka, il était grand temps d’aller conquérir le Pražský hrad qu’est le château fort de Prague où les rois tchèques, les empereurs du Saint-Empire romain germanique, les présidents de la Tchécoslovaquie, puis de la République tchèque, siègent ou ont siégé. La marche pour y arriver est vraiment épuisante, mais le fameux château pragois à l’architecture gothique mérite le détour.

prague11

J’ai voulu faire de la matinée de mon dernier jour à Prague un grand moment de quiétude et de paix. Cela s’est illustré par la visite de la tombe de Franz Kafka au nouveau cimetière juif (Nový židovský hřbitov). Paix à son belle âme !

prague13

En s’évadant dans la vieille ville de Prague, j’ai découvert l’excellent Café Ebel à l’ambiance très sympathique. Je vous invite à y savourer une bonne soupe au déjeuner et du café accompagné d’un cake fait maison en fin d’après-midi.

prague17

Il faudrait prévoir 45€ par jour afin de jouir des merveilles pragoises. Ce budget quotidien est amplement suffisant pour savourer les délices gastronomiques tchèques et faire du séjour à Prague un souvenir inoubliable.

Finalement, j’ai pu décrire la somptueuse Prague qui m’a tant fasciné. Cette ville est sacrément envoûtante par ses rues qui font vivre les passants toute leur histoire. Je m’oubliais en m’y évadant. Ce furent des instants magiques qui demeureront mémorables à jamais.

prague12

Je vous remercie vivement d’avoir lu ce petit guide improvisé d’un voyage si passionnant et me permets de vous faire part de deux conseils :

Voyagez seuls ! C’est ainsi qu’on arrive à mieux se connaître et à faire de très belles rencontres.

Prenez la carte de la ville où vous êtes et évadez-vous ! Cherchez à vous perdre !

Si vous avez le moindre questionnement au sujet du voyage, veuillez le poster en commentaire. Je vous répondrai volontiers.

Garder vivant l’espoir

Mots-clés

, , , ,

blog

Désespéré et outré par les images d’une population marocaine oubliée défilant amèrement sous mes yeux, je sentais ma rage s’amplifier devant l’injustice que subissent mes compatriotes. De nouvelles questions me torturent et me laissent perplexe et perdu. Le moindre des soutiens étatiques aurait été de déclarer un deuil national. Pourquoi une telle action n’a-t-elle pas été initiée ? Pourquoi nos gouvernants se foutent-ils royalement des injustices sociales régnantes au Maroc ? Comment redonner vie à un peuple mourant ?

À chaque fois que je pense à mon pays, ces questions refont surface et essayent désespérément de trouver des réponses. La gravité de la situation provient, à mes yeux, de l’irresponsabilité des pouvoirs publics et de leur volonté manifeste de répandre le découragement et l’affliction au sein de la jeune génération marocaine, cette jeunesse qui n’aspire qu’à rêver d’un autre Maroc où les mécanismes de suivi et de contrôle des actions gouvernementales seront mis en oeuvre, où l’âme d’un citoyen résidant à Anfgou ou à Sidi Ifni et celle, considérée bien-née et résidant au sein du Maroc, dit utile, seront sur un pied d’égalité, où la priorisation des agissements étatiques en faveur des populations défavorisées sera prise en compte avant d’obéir naïvement aux diktats des marchés.

Une lueur d’espoir

Continuellement agonisant, mon espoir a retrouvé son souffle suite à l’initiation, par la communauté des internautes marocains, d’une action visant l’aide des citoyens marocains sinistrés et consistant à récolter des fonds, par une cagnotte participative, qui sont versés entièrement à la Banque Alimentaire. Baptisée #100dhPourAider, cette initiative a connu une mobilisation massive aboutissant à de grandes sommes d’argent collectées. J’étais agréablement ravi de voir le nombre des contributions s’accroître sur le site web de la cagnotte : http://www.cotizi.com/pool/100dhpouraider/226. Cet agissement symbolique prouve que nous, internautes et jeunes marocains, représentons manifestement la source de l’espérance de notre patrie.

Il est clairement évident que s’attendre à des actions étatiques pour dépasser toutes situations alarmantes relève d’une folie cruelle. Nous sommes bel et bien en mesure de concrétiser nos aspirations qui se sont longtemps enfermées dans nos rêves. Nous détenons des armes dont l’utilisation s’est avérée grandement fructueuse. Vos comptes sur les réseaux sociaux, vos blogs et vos publications sur la toile constituent ces armes efficaces qui initient des réalisations dont les pouvoirs publics ne veulent pas être responsables.

Le Maroc nous appartient

En premier temps, les dernières tragédies qu’a connues mon pays m’ont déstabilisé. Les initiatives de la jeune génération ayant fait suite à ce drame m’ont redonné espoir. Décidément, le Maroc appartient à ses jeunes gens. Il nous appartient !

Je continuerai à croire religieusement aux deux premiers vers du poème « La Volonté de vivre » d’Abou el Kacem Chebbi :

Lorsqu’un jour le peuple veut vivre, force est pour le destin de répondre,
Force est pour les ténèbres de se dissiper, force est pour les chaînes de se briser

Le deuil de la patrie

Mots-clés

, , , ,

TOPSHOTS- MOROCCO - FLOOD - DISASTER

Ce soir, je fais amèrement le deuil d’un pays souffrant à l’image de sa population oubliée. J’ai beau essayé de garder l’espoir et de se dire que ma patrie ne connait qu’une mauvaise impasse passagère. Or, la réalité sociale est cruelle. Elle pousse à un désespoir fatal.

Comment voulons-nous qu’un jeune marocain envisage d’initier des réalisations au sein de son pays ? Un jeune bachelier marocain pense-t-il à participer activement dans son environnement social pour l’intérêt de son pays ? Pourquoi nos gouverneurs se cachent-ils derrière des paroles insensées et des agissements grotesques ? Sommes-nous condamnés à subir éternellement la mauvaise gouvernance des Guides ? Que pouvons-nous faire pour agir de manière efficace dans l’aide de nos compatriotes abandonnés ? Les questions se multiplient et les réponses m’échappent.

Je bouillonne de rage en suivant les actualités de mon pays. Ses malheurs m’étranglent et me couvrent de fureur. Les pluies torrentielles qu’ont connu les régions du Sud sont encore une fois révélatrices d’une gouvernance destructive et corrompue qui ne cesse de causer des drames dont souffrent continuellement les populations défavorisées et abandonnées dans un Maroc méconnu pour ceux vivant au sein du « Maroc, dit, utile ». Nos compatriotes meurent en un silence monstrueux qui ne fait qu’empirer la situation, déjà douloureuse, et pousse au désespoir, à l’écroulement de la patrie.

Ne soyez pas indifférents vis-à-vis des malheurs que subissent vos semblables. Qu’ils soient à Anfgou, à Guelmim ou à une autre zone géographique, considérée « non utile » par nos despotes, dites-vous que vous auriez pu vivre leur souffrance et connaître le même sort misérable qu’eux. J’étais terrifié face aux images des eaux boueuses charriant arbres, individus et véhicules et me suis dit amèrement : Nous aurions pu éviter ces drames si nos chantiers de construction des infrastructures avaient connu un contrôle et une maîtrise attentifs. C’est scandaleux !

Ce n’est surtout pas la prise en charge des frais d’inhumation et des obsèques des victimes qui nous permettrait de mettre un terme à l’hécatombe que connaît notre pays à chaque fois qu’il y pleuve abondamment. Des actions courageuses et concrètes doivent être engagées. Nous savons pertinemment que ce n’est pas de la part de nos pouvoirs publics qu’on devrait s’attendre à des changements à la hauteur des espérances du peuple.

Étant conscient que les constats et les critiques ne mènent nulle part et que seule la proposition des alternatives pourrait aboutir à des résultats concluants, je m’adresse à toi, qui s’évade dans ce cri souffrant de l’injustice, et particulièrement aux marocains résidant à l’étranger pour initier une cagnotte participative afin de venir en aide de nos compatriotes sinistrés. Veuillez manifester votre intérêt et votre volonté d’y participer en commentant l’article. Je vous ferais ainsi des détails de cette action.

Nul deuil ne peut être dissocié d’espoir. J’enterre leur Maroc et conçois mon autre Maroc.

Que nos réalisations soient à la hauteur de nos aspirations !

Tendre torture

Mots-clés

, , ,

Rupture

Enfermé dans sa chambre, isolé du monde extérieur, Rasko ne sort que pour préparer sa soupe aux courgettes dans la cuisine collective et retourne par la suite à sa destinée, à la seule personne ayant pu cerner ses pensées. Grâce à elle, il vit merveilleusement sa mélancolie continuelle. Nikov pleurait en silence en voyant Rasko s’éloignait de lui. Il a toujours rêvé de l’avoir à ses côtés, sur son chaleureux lit, la source des inspirations à la fois intellectuelles et sensuelles.

Je contemplais leur cohésion de loin en priant pour que je puisse savourer, un jour, leurs délicieux échanges. Le mode de vie régnant dans la société ne me convenait plus. Il fallait que je sois insistant auprès de Nikov pour qu’il me fasse découvrir son monde captivant. Ce dernier a accepté péniblement à condition que je coupe le cordon avec ceux que j’ai tant aimés. C’est ainsi que la tendre torture a commencé.

J’ai demandé curieusement à Nikov de me raconter son histoire. Il a versé une larme et a dit :

« Je sentais la trahison en le voir s’inviter dans mon monde, le mien ! J’avais tout toléré au nom de l’amour, cette supercherie à laquelle l’autre monde ténébreux et conformiste croit bêtement. Comment ai-je pu m’écrouler devant lui ? Pourquoi suis-je devenu si faible en l’aimant ? Pourquoi s’est-il permis de franchir mon univers protégé, que personne n’ose y entrer ? Comment se fait-il que je ne voyais que lui dans ce monde ?

Mon ангел, Rasko, a répondu à toutes mes questions et m’a fait oublié définitivement le maudit défunt en m’ouvrant grand ses portes. Il m’a accueilli dans sa chambre où les paradoxes cohabitent, où les mélodies mélancoliques se mêlent aux danses toniques et réjouissantes. Notre première rencontre a été étrange. Elle coïncidait avec le passage à l’acte de mon cher partenaire. Je me rappelle précisément de ce jour comme si c’était hier.

Je descendais les escaliers qui mènent à la sortie de l’immeuble abandonné quand soudain, j’entendis un cri terrifiant provenant de la chambre 1013 dans laquelle résidait Marie la Sanglante. J’avais horreur de cette dame qui m’a fait tant souffrir. Après une longue hésitation, j’ai monté insensiblement les escaliers en direction de la chambre par curiosité. À la quatrième marche, mes regards croisèrent pour la première fois ceux de Rasko. Les expressions de son visage en disaient long sur son attitude fascinante. Je m’apprêtais à toucher ses mains couvertes de sang quand il me dit bravement : « J’ai enfoncé la hache dans le cou de Marie. » Ces paroles m’ont réjouit l’esprit. J’ai pris subitement Rasko dans mes bras en lui chuchotant :

I evoke your face
And call out your name
As though its letters were tattooed
Upon my lips with a poison

J’attendais impatiemment cette rencontre qui a représenté une délivrance pour mon âme si misérable. Il fallait que je sente l’odeur du sang voluptueux de Marie la maudite défunte sur les mains gracieuses de Rasko pour retrouver enfin le soulagement tant attendu. Ce dernier m’a proposé par la suite de l’accompagner à sa demeure où la mélancolie est tout sauf diabolisée. Nous avions parlé durant des journées entières de ce meurtre si captivant. Pour témoigner de l’amour qu’il éprouve à mon égard, il m’a offert la hache. Ce présent est signifiant d’une rupture avec les malheurs du passé et surtout de l’initiation d’une vie pas comme les autres, une vie où seules les lectures passionnantes et les mélodies splendides règnent. »

J’écoutais religieusement l’histoire de Nikov et m’y reconnaissais. Rasko nous a préparé la soupe en parlant de ses prochaines lectures. Nikov a réussi à enterrer son passé douloureux. Le mien me hante amèrement l’esprit. Une éventuelle aide de Nikov représentera-t-elle ma libération ? Me dira-t-il oui ? Ai-je vraiment besoin de lui ?

Ce fut un rêve.

Maudit soit à jamais Fiodor.

Le cri de l’injustice

Mots-clés

, , , ,

6607fa1f379d108c747c472aa4dfb4bf

La situation de la femme marocaine se dégrade de jour en jour face au silence assourdissant de la société. Je partage avec vous le cri de l’injustice de Meryem BENALI, un cri fort et tenace.

« Ce soir, j’ai décidé de briser mon silence, ce silence amer capitonné d’offense et d’humiliation. Mon silence, ton silence, celui de nous toutes, nous, femmes d’aujourd’hui et mères de demain.

Pour toute la gente féminine, marcher dans la rue seule ou accompagnée n’est guère sain. Ceci ne peut en aucun cas se faire tranquillement sans qu’elle ne soit attaquée à tort et à travers. Une fois fatalement abordée, la conversation va du simple échange à un arsenal de paroles froissantes à la limite de l’insulte.

C’est désolant, on se fait harceler chaque jour, partout où on va et devant tout le monde, sans que personne ne réagisse pour arrêter ce qui peut finir en débauche. Le pire c’est que les gens autour, nous observent d’un œil suspect, d’un regard maléfique qui nous transforme de victime en coupable. On entend souvent une femme de passage vêtue d’une djellaba dire : « إيوا هي اللي جابتها فراسها لابسا داك الدجين مزير », et qui à son tour se fait harceler deux minutes plus tard. Non ce n’est pas le jean, ce n’est pas ton décolleté ou ta mini-jupe. C’est désormais une pratique, un rite, c’est devenu automatique pour ne pas dire inné. Il suffit juste d’être du sexe féminin, d’être une femme, pour ne pas passer inaperçue, loin des injures et des vocables malsains.

Hier, j’ai vécu ce que éventuellement toute autre fille comme moi a vécu, au moins une seule fois dans sa vie, quelque chose qui nous rend quotidiennement la vie amère et difficile, qui nous prive de toute liberté et du plus simple des droits, celui d’avoir une vie paisible, de ne pas être importunée, quel que soit la manière avec laquelle on s’habille et quel que soit notre statut au sein de la société.

J’ai fini ma journée de stagiaire à 18h et ai voulu rentrer chez moi. Habitant un peu loin de là où je fais mon stage, j’ai dû prendre un taxi. À quelque pas de ma destination, le chauffeur de taxi me disait : « وا غير سمحلي ألعايلة، مانقدرشي نوصلك تال رافاين، الطريق محفرة هانتينا كاتشوف، أنخليك هنايا والسلام ». Je n’ai pas voulu m’y opposer, je me suis dit que comme il ne me reste pas beaucoup de chemin à faire, ça serait bien pour moi de marcher un peu et de prendre un peu d’air frais sur la corniche.

À peine sortie du taxi, j’ai mis mes écouteurs pour éviter d’entendre tout commentaire saugrenu qui pourrait me provoquer d’une manière ou d’une autre. Soudainement, une voiture me bloqua le passage, j’enlevai mes écouteurs et on me balançait en toute insolence : « عطيني النميرة ديالك عفاك، غير النمرة وصافي » Je répondais : « سمحلي عفاك أسيدي، زيد ولا خليني نزيد، ماتبقاش هاكدا تابعني داير لي الشوهة »

J’ai baissé ma tête et ai voulu partir, il accéléra et me percuta la jambe. Je reculais et lui disais : « Avancez ! Allez-y monsieur ! » Il s’abstenait tout de même et c’est moi qui avançais. À peine j’ai voulu remettre mes écouteurs et continuer tranquillement mon chemin, il me balança à nouveau des injures que je ne pourrai jamais ôter de ma tête et que d’ailleurs je ne pourrai jamais reprendre pour vous illustrer l’horreur de ce que j’ai pu ressentir, des mots qui m’ont perforée le cœur et ont laissé mes larmes couler, tellement je me sentais méprisée et incapable de me défendre ou de m’indigner devant cette réalité horrible, qu’on subit à plein temps.
J’ai pris le numéro de son immatriculation, que j’ai noté péniblement, et ai repris mon chemin.

J’ai donc décidé, de poursuivre ce monsieur en justice et mon âme ne connaîtrait la paix que quand cet imbécile aura ce qu’il vaut. J’espère qu’elle me vengera et me rendra mon estime.

Ô femmes, Brisez ce silence et dites non à la drague ! Dites non à l’harcèlement !

Ô hommes, foutez nous la paix, je vous en conjure, et laissez-nous respirer ! Faites-vous une vie ! »

La conquête du malheur

Mots-clés

, , ,

Mélancolie

Vivre malheureux et mélancolique a toujours été pour lui une obligation et non seulement une option vitale parmi d’autres. Au fil du temps, l’amertume est devenue la force équilibrante de son existence et l’initiation de son épanouissement. Cet univers à la fois insaisissable et controversé me paraît passionnant. Il me procurait l’immense envie d’y vivre toute une éternité.

Le bonheur serait fort probablement une illusion inexistante à laquelle les gens croient aveuglement et ne cessent de la chercher.

La mélancolie représente-t-elle l’ultime remède aux maux des temps modernes ? Qui sait ? Moi, peut-être.

Je pensais à lui attribuer un nom qui serait convenable à son cas paradoxal. La richesse du champ lexical n’est guère suffisante pour fournir une identité descriptive de cet individu.

Habitué des nuits blanches interminables, fidèle admirateur des ondes soufies et adepte du doute sous toutes ses formes et ses applications, il passait ses moments nocturnes à chercher le bonheur existentiel couvert d’un scepticisme éternel en savourant la poésie lyrique arabe raffinée musicalement par les les mélodies splendides du oudiste Dhafer Youssef. Ce dernier était jusqu’alors son seul et unique compagnon.

Sa vie était mélancoliquement captivante et agréablement passionnante. Il me semblait rayonnant en la décrivant ainsi. L’amertume est son illumination mystérieuse que j’essayais de décortiquer.

كفرتُ بدين اللّه والكفر عند المؤمنين حرام

J’ai renoncé à la religion de Dieu. La mécréance est un péché chez les croyants.

كفرت بدين الله والكفر واجبٌ عليَّ وعند الْمُسْلِمِينَ قبيح

J’ai renoncé à la religion de Dieu. La mécréance est mon obligation. Les croyants la considèrent abjecte.

Ce sont les paroles de la merveille « كفرتُ » interprétée somptueusement par Dhafer Youssef. Décidément, rien n’est laissé au hasard.

Je me suis permis d’être insistant pour avoir un aperçu identitaire sur mon interlocuteur occulte. Il n’a voulu partager avec moi qu’un seul élément: « Je m’appelle K ». Une réponse me venait aussi vite que l’éclair à l’esprit et sortait de ma bouche: « Kafka en serait ravi ». Choqué, il mit fin à notre échange en disant: « Reviens demain et oublie Kafka ».

Nos conversations ont toujours représenté la source de mes perturbations. J’étais étonnement frappé par son sang froid remarquable. L’attachement inconditionnel qu’il éprouvait à son quotidien mélancolique m’imposait la volonté d’en savoir plus. La bataille ne fait que commencer.

De retour chez K, je trouvais un tapis parfumé de prière, une chaise placée au milieu de la pièce et une corde soigneusement accrochée au niveau du plafond ténébreux. Sans vouloir approfondir la réflexion à propos des insinuations que peuvent transmettre ces trois éléments préalablement préparés, je me posais des questions et cherchais des réponses immédiates. Je détestais le doute. Lui, il l’adorait et le vivait sereinement.

J’avais peur, je m’inquiétais et je craignais le pire. Non, ma réflexion a été volontairement interrompue pour qu’elle ne soit pas l’initiatrice du cauchemar. La nuit durait une éternité. J’en étais sûr et personne ne pouvait me contredire. J’attendais impatiemment l’arrivée de K. Est-il mort ? A-t-il quitté la ville ? Où est-il caché ?

Un jour, il m’avait dit: « Tu sais, il n’y a rien de plus beau dans ce monde que la mélancolie. Elle est la seule et l’unique vérité. La vérité que je vis moi, toi et toute l’humanité sans qu’elle s’en rende compte. Oui, c’est désolant. Les peuples cherchent désespérément l’introuvable et l’illusion pour satisfaire qui ? Leur entourage peut-être. Je n’en sais rien et toi non plus. » Je me rappelais bien de ses mots et de ses traits délicats. Ses yeux transmettait la certitude et la bonté. K me faisait souffrir. Comment se fait-il que ce dernier soit douteux et détenteur d’une vérité ? Que cache-t-il au juste ?

Quel malheur d’être perdu au sein d’un univers de problématiques et de questions sans réponses ! Cependant, l’amertume est la source de mon épanouissement. Elle me fait vivre et me pousse à chercher la clarté de la pensée et à rester insistant auprès de mon compagnon à l’attitude réservée. Le rêve de conquérir son monde deviendra réalité.

Suivre

Recevez les nouvelles publications par mail.